Les étés secs et les hivers pluvieux ne font pas que varier le paysage : ils font respirer le sol. Sur les terrains argileux, ces variations de volume se transmettent aux fondations et finissent par fissurer les murs. Le phénomène est lent, parfois invisible pendant des années, puis bien réel après une forte sécheresse. Cet article explique le mécanisme du retrait-gonflement des argiles, ses effets sur une maison, l’exposition du Var, la façon de vérifier votre terrain, le volet assurance et les moyens de vous protéger.
Qu’est-ce que le retrait-gonflement des argiles ?
Le retrait-gonflement des argiles est un mouvement du sol lié à sa teneur en eau. L’argile gonfle quand elle s’humidifie et se rétracte quand elle s’assèche, par cycles successifs au fil des saisons.
Ces variations de volume, lentes mais amples, se produisent surtout lors des alternances de sécheresses marquées et de périodes pluvieuses. Selon le Bureau de recherches géologiques et minières, environ 240 000 sinistres liés à ce phénomène ont été déclarés entre 2018 et 2022, soit près de 58 pour cent de la totalité des sinistres de ce type recensés depuis 1989, et la grande majorité concerne des maisons individuelles. C’est aujourd’hui l’une des principales causes de désordres sur le bâti résidentiel.
Pourquoi provoque-t-il des fissures ?
Le mouvement du sol n’est pas uniforme sous une maison, ce qui crée un tassement différentiel. Une partie des fondations descend ou se soulève plus que l’autre, et la structure se fissure pour libérer la contrainte.
Ce déséquilibre explique la forme caractéristique des fissures observées, souvent obliques ou en escalier, qui suivent les joints de la maçonnerie. Les fondations superficielles, fréquentes sur les maisons anciennes, y sont particulièrement sensibles. Pour comprendre ce tracé typique et ce qu’il indique, voyez ce que révèlent les fissures en escalier.
Quels effets sur votre maison ?
Les effets vont de la simple fissure d’enduit aux désordres structurels. Le plus visible reste la fissuration des façades, mais le phénomène se manifeste aussi par d’autres signes.
On observe fréquemment des fissures aux angles des ouvertures, des décollements entre éléments, des portes ou des fenêtres qui coincent, ou un dallage qui se désolidarise. L’ampleur dépend de la nature du sol, de la profondeur des fondations et de l’intensité des épisodes climatiques. Savoir quand s’inquiéter d’une fissure aide à distinguer un désordre esthétique d’un signal structurel.
Le Var est-il concerné ?
Oui, le Var compte des secteurs argileux exposés au retrait-gonflement. L’exposition varie d’une commune à l’autre et même d’une parcelle à l’autre, d’où l’intérêt d’une vérification précise.
Le sujet évolue rapidement. Pour tenir compte du changement climatique, un arrêté du 9 janvier 2026 a mis à jour la carte nationale d’exposition au retrait-gonflement des argiles. Vous pouvez consulter l’exposition de votre adresse sur le portail Géorisques, qui cartographie le risque commune par commune et constitue la référence publique en la matière.
Comment savoir si mon terrain est argileux ?
La première source est le portail Géorisques, qui indique le niveau d’exposition de votre adresse. Pour une certitude sur la parcelle, seule une étude de sol géotechnique permet de caractériser réellement le terrain.
La carte d’exposition donne une tendance, faible, moyenne ou forte, mais ne remplace pas une reconnaissance de sol. Une étude géotechnique précise la nature des couches, leur sensibilité à l’eau et la profondeur d’ancrage adaptée. Certains signes visuels orientent aussi le diagnostic : sol qui se fendille en été, flaques persistantes en hiver, présence d’arbres gros consommateurs d’eau à proximité de la maison.
Sécheresse et assurance catastrophe naturelle
Les fissures dues à la sécheresse peuvent être indemnisées au titre de la garantie catastrophe naturelle, sous conditions. Il faut un arrêté interministériel publié pour votre commune et une déclaration faite à votre assureur dans les délais.
L’arrêté de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle est publié au Journal officiel. Sans lui, la garantie ne peut pas jouer pour l’épisode concerné. Une fois l’arrêté paru, vous déclarez le sinistre dans le délai prévu par votre contrat. L’assureur missionne un expert, et vous pouvez vous faire assister par votre propre expert pour défendre votre dossier à parité. Un rapport démontrant le lien entre les fissures et la sécheresse est déterminant pour l’indemnisation.
Comment se protéger et réagir ?
La prévention repose sur la maîtrise de l’eau autour de la maison. Limiter les variations d’humidité du sol réduit l’amplitude des mouvements et donc le risque de fissures.
Concrètement, on veille à bien évacuer les eaux pluviales loin des fondations, à éviter de planter des arbres gourmands en eau trop près de la maison, et à ne pas créer de zones d’arrosage ou d’assèchement localisé contre les murs. Si des fissures apparaissent, surveillez leur évolution plutôt que de les reboucher tout de suite, en suivant la méthode pour poser un témoin et suivre une fissure.
Le rôle de l’expert en bâtiment
L’expert établit le lien entre les fissures et le retrait-gonflement des argiles, évalue la gravité et préconise les solutions. Son rapport est déterminant dans un dossier d’assurance comme avant des travaux de reprise.
Sur place, il analyse les fissures, le contexte du sol et de l’environnement, et confronte ses observations aux données d’exposition. Selon le diagnostic, la réponse va de la surveillance à une reprise en sous oeuvre. L’expert de Check my House intervient en toute indépendance, sans lien avec une entreprise de travaux. Le tarif dépend de la nature et de l’étendue des désordres : il figure sur la page nos tarifs.





