Chaque grande sécheresse laisse des traces sur les maisons, et celle de 2026 ne fera pas exception. Les appels que nous recevons depuis septembre le confirment : fissures apparues sur des façades jusque-là saines, fissures anciennes qui se rouvrent, portes qui frottent, carrelages qui sonnent creux. Cet article fait le point sur l’épisode climatique de 2026, sur la façon dont il agit sur les sols du Var et sur les bons réflexes à adopter cet automne, période où les sols se réhydratent et où les désordres continuent d’évoluer.
Un été 2026 hors norme pour les sols
Le bilan publié par Météo-France le 3 septembre 2026 est sans ambiguïté : l’été 2026 est le plus chaud mesuré en France depuis le début des relevés en 1900, avec une température moyenne de 24,0 °C, soit 3,6 °C au-dessus de la normale. Il devance 2003 et 2022. Le pays a connu 53 jours de vague de chaleur répartis en trois épisodes, dont une canicule précoce du 17 au 30 juin qui a placé jusqu’à 72 départements en vigilance rouge.
Côté pluie, le déficit atteint près de 40 %, ce qui fait de 2026 le deuxième été le moins pluvieux jamais enregistré. La conséquence directe se lit dans les sols : en moyenne nationale, la sécheresse des sols superficiels est sans précédent. L’analyse des données de Météo-France montre des sols passés sous la médiane dès début juin, une situation inédite pour la saison dès début juillet, puis un niveau jamais observé début août, au-delà du minimum de 2022. Les pluies de la seconde moitié d’août n’ont apporté qu’une amélioration partielle.
Pour une maison fondée sur un sol argileux, ces chiffres ont une traduction très concrète : l’argile a perdu une grande partie de son eau, son volume a diminué, et les fondations ont travaillé.
Pourquoi ce phénomène fissure les maisons varoises
Le mécanisme en cause est le retrait-gonflement des argiles (RGA) : un sol argileux se rétracte quand il s’assèche et gonfle quand il se réhydrate. Ces variations de volume déforment l’assise de la maison. Lorsque le tassement n’est pas uniforme, par exemple parce qu’un angle de la maison est plus exposé au soleil, qu’un arbre pompe l’eau d’un côté ou qu’une extension repose sur des fondations plus superficielles que le corps principal, la structure se met en traction et la maçonnerie cède aux points faibles : angles d’ouvertures, jonctions entre bâtiments, murs pignons.
Les maisons les plus sensibles sont connues : pavillons sur fondations superficielles, souvent construits avant que les études de sol ne se généralisent, maisons avec sous-sol partiel, extensions et garages accolés. Les fissures typiques de ce phénomène suivent les joints de la maçonnerie et dessinent des escaliers, traversent parfois l’enduit en diagonale depuis un angle de fenêtre, et s’accompagnent de signes discrets : porte qui ferme mal, plinthe qui se décolle, carrelage fissuré en ligne.
Selon les données publiques du ministère de la Transition écologique, environ 12 millions de maisons individuelles sont exposées au retrait-gonflement des argiles en France. Le Var n’échappe pas au phénomène : une large partie du département présente des formations argileuses, notamment dans le centre Var et l’arrière-pays dracénois.
Catastrophe naturelle : ce que disent les arrêtés déjà publiés dans le Var
La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle n’est pas une abstraction dans le département : plusieurs communes varoises ont déjà été reconnues à de multiples reprises pour des mouvements de terrain liés à la sécheresse et à la réhydratation des sols. Les données Géorisques en attestent, arrêtés publiés au Journal officiel à l’appui :
Draguignan compte 11 reconnaissances sécheresse, échelonnées de 1989 à 2023. Hyères en compte 6 entre 2016 et 2023, Saint-Maximin-la-Sainte-Baume 6 entre 2016 et 2023, Toulon 5 entre 1998 et 2022, La Seyne-sur-Mer 5 entre 2017 et 2022, Fréjus 5 entre 1998 et 2023, Le Luc 4 entre 1989 et 2023 et Brignoles 3 depuis 1989. Autrement dit, les sécheresses de 2017, 2019, 2020, 2022 et 2023 ont presque toutes donné lieu à des reconnaissances dans le département.
Pour l’épisode de 2026, les arrêtés ne sont pas encore publiés : ce sont les communes qui déposent les demandes en préfecture, et la commission interministérielle les instruit ensuite, généralement dans le courant de l’année suivante. Ce décalage de calendrier est normal. Il ne doit surtout pas vous faire attendre pour documenter vos désordres.
Automne 2026 : la période où tout se joue
Les premières pluies significatives réhydratent l’argile, qui regonfle. Après un retrait aussi marqué que celui de l’été 2026, cette phase peut rouvrir des fissures, en créer de nouvelles ou au contraire en refermer temporairement certaines. C’est un piège classique : une fissure qui se referme à l’automne n’est pas une fissure réparée, c’est une fissure qui vit au rythme du sol.
Concrètement, nous recommandons de dater les désordres : photographiez chaque fissure avec un repère d’échelle (un mètre ruban posé contre le mur suffit), notez la date, refaites les mêmes clichés toutes les deux à trois semaines. Un témoin posé en travers de la fissure, ou un simple trait de crayon à ses extrémités, permet d’objectiver une évolution. Ces éléments datés pèseront dans le dossier d’indemnisation, car l’assureur cherchera à rattacher les désordres à la période couverte par l’arrêté.

Les démarches à engager dès maintenant
Première démarche, et la plus importante : signalez vos désordres en mairie, par écrit, en demandant que votre commune dépose une demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pour la sécheresse 2026. Plus les signalements sont nombreux et documentés, plus le dossier communal est solide.
Ensuite, anticipez la suite de la procédure. Une fois l’arrêté publié au Journal officiel, vous disposerez de 30 jours au plus pour déclarer le sinistre à votre assureur, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception. L’assureur doit verser une provision dans les 2 mois suivant la remise de l’état estimatif des dommages ou la publication de l’arrêté, et l’indemnisation dans les 3 mois. Une franchise légale de 1 520 euros s’applique aux dommages causés par les mouvements de terrain liés à la sécheresse et à la réhydratation des sols, contre 380 euros pour les autres catastrophes naturelles.
Enfin, ne lancez pas de travaux de réparation avant que la cause soit établie. Reboucher un enduit sur un sol qui bouge encore revient à masquer l’information dont l’expert et l’assureur ont besoin, et les fissures reviendront.
Ce qu’apporte une expertise fissures indépendante
L’expert examine les fissures (tracé, ouverture, répartition), l’environnement du bâtiment (végétation, pentes, réseaux, mitoyenneté), le mode constructif et les données d’exposition de la parcelle. Son rapport établit l’origine la plus probable des désordres, distingue ce qui relève de la sécheresse de ce qui relève d’une autre cause, qualifie la gravité et oriente vers les investigations complémentaires si nécessaire, comme une étude géotechnique. Face à l’expert mandaté par l’assurance, ce rapport vous donne une lecture indépendante et des arguments techniques.
Check my House intervient dans tout le Var, sans aucun lien avec des entreprises de travaux. Le détail de nos prestations figure sur notre page expertise fissures dans le Var et nos prix sont consultables sur la page nos tarifs. Pour comprendre le mécanisme du RGA en détail, nous avons également publié un article dédié au retrait-gonflement des argiles dans le Var.





