Au moment de réceptionner des travaux, le maître d’ouvrage fait un choix lourd de conséquences : accepter l’ouvrage avec ou sans réserves. Ce choix n’est pas anodin, car il détermine ce qu’il pourra exiger ensuite de l’entreprise pour les défauts apparents. Comprendre les conséquences de chaque option permet de réceptionner en connaissance de cause. Cet article explique ce qu’impliquent la réception sans réserves et avec réserves, à titre d’information générale.

Réceptionner sans réserves

Réceptionner sans réserves, c’est accepter l’ouvrage sans réserve sur les défauts apparents. C’est un acte à ne poser qu’en connaissance de cause.

En réceptionnant sans réserves, le maître d’ouvrage déclare accepter l’ouvrage tel quel, sans signaler de défaut apparent. Les défauts visibles non réservés peuvent alors être réputés acceptés, ce qui peut compliquer leur prise en charge ultérieure. Cette option ne devrait être retenue que si l’ouvrage est jugé conforme et sans défaut apparent.

Réceptionner avec réserves

Réceptionner avec réserves, c’est consigner les désordres constatés. L’entreprise devra les reprendre.

Lorsque le maître d’ouvrage constate des désordres, malfaçons ou non-finitions, il les consigne sous forme de réserves dans le procès-verbal. Ces réserves obligent en principe l’entreprise à reprendre les éléments concernés, notamment au titre de la garantie de parfait achèvement. La réception avec réserves protège ainsi le maître d’ouvrage, comme l’explique notre article sur le procès-verbal de réception.

Le point commun : les garanties courent

Dans les deux cas, la réception fait courir les garanties. Le calendrier est identique.

Que la réception soit prononcée avec ou sans réserves, elle marque le point de départ des garanties légales : parfait achèvement d’un an, bon fonctionnement de deux ans, et décennale de dix ans, prévue par l’article 1792 du Code civil. La réception, quelle que soit sa forme, déclenche donc ces protections.

La reprise des réserves

Les réserves doivent être levées par la reprise des désordres. C’est l’objet de la garantie de parfait achèvement.

L’entreprise doit reprendre les désordres réservés, et leur levée est constatée une fois les reprises effectuées. Le suivi s’effectue au regard des réserves consignées, ce qui confirme l’importance de leur précision, abordée dans notre article sur le moment de la réception.

La retenue ou consignation du prix

En cas de réserves, une retenue de prix peut s’appliquer. Elle constitue une garantie financière.

Selon le cadre contractuel, notamment en CCMI, une partie du prix peut être retenue ou consignée en cas de réserves, jusqu’à la reprise des désordres. Ce mécanisme incite l’entreprise à lever les réserves. Ses modalités précises dépendent du contrat et du droit applicable, et relèvent d’un conseil juridique.

Bien choisir entre les deux

Le choix entre réception avec ou sans réserves dépend de l’état réel de l’ouvrage. Il doit reposer sur un examen attentif.

Si l’ouvrage présente des défauts apparents, il est important de les réserver plutôt que de réceptionner sans réserves. Cela suppose un examen méthodique de l’ouvrage, idéalement avec l’assistance d’un expert, pour ne pas réceptionner sans réserves un ouvrage qui en justifierait.

L’intérêt d’un expert en bâtiment

Un expert aide à décider entre réception avec ou sans réserves. Son examen révèle les défauts à réserver.

Il examine l’ouvrage, repère les désordres apparents, et aide à formuler des réserves précises, évitant une réception sans réserves inappropriée. L’expert de Check my House intervient en toute indépendance, sans lien avec l’entreprise. Pour une assistance à la réception, consultez nos conditions sur la page nos tarifs. Pour les aspects juridiques, rapprochez vous d’un conseil.

Laurent Hojan, expert en construction et bâtiment depuis huit ans et fondateur de Check my House. Cet article s’appuie sur l’expérience de terrain du cabinet et sur des sources publiques officielles, et ne constitue pas un conseil juridique.