Toutes les situations de vice caché ne se valent pas : il y a une différence entre un vendeur qui ignorait le défaut et un vendeur qui le connaissait et l’a sciemment dissimulé. Cette mauvaise foi peut changer la donne, notamment face aux clauses excluant la garantie. Mais encore faut-il la prouver, ce qui est rarement simple. Cet article explique ce qu’est un vendeur de mauvaise foi, l’enjeu de cette qualification et la difficulté de la preuve, à titre d’information générale.

Qu’est-ce qu’un vendeur de mauvaise foi ?

Un vendeur de mauvaise foi est un vendeur qui connaissait le vice et l’a dissimulé. La connaissance du défaut est l’élément central.

À la différence d’un vendeur de bonne foi, qui ignorait le défaut, le vendeur de mauvaise foi avait connaissance du vice et ne l’a pas révélé, voire l’a activement masqué. Cette distinction, fondée sur la connaissance et l’intention, a des conséquences juridiques importantes, qui relèvent de l’appréciation d’un conseil.

L’enjeu : les clauses d’exclusion de garantie

La mauvaise foi du vendeur est déterminante face aux clauses d’exclusion de garantie. Elle peut en neutraliser l’effet.

Les contrats de vente comportent souvent une clause excluant la garantie des vices cachés. Or un vendeur qui connaissait le vice ne peut en principe pas se prévaloir d’une telle clause. La mauvaise foi devient alors un enjeu central, comme l’explique notre article sur la clause d’exclusion des vices cachés.

Prouver la dissimulation : une difficulté

Prouver la mauvaise foi du vendeur est souvent difficile. Il faut établir qu’il connaissait le vice.

La charge de la preuve incombe à l’acheteur, qui doit démontrer non seulement le vice, mais aussi que le vendeur en avait connaissance et l’a dissimulé. Établir cette connaissance et cette intention est délicat, car elles relèvent de l’état d’esprit du vendeur. C’est l’un des points les plus complexes de ce type de litige.

Les indices de dissimulation

Certains indices peuvent suggérer une dissimulation. Ils doivent être appréciés au cas par cas.

Un défaut masqué par des travaux cache-misère, une fissure récemment rebouchée, une trace d’humidité fraîchement recouverte, ou des déclarations contraires à la réalité peuvent constituer des indices. Ces éléments, sans valoir preuve à eux seuls, peuvent contribuer à un faisceau, dont l’appréciation relève du juge et du conseil juridique.

Le rôle du constat technique

Le constat technique peut révéler des éléments utiles. Il documente l’état réel et les éventuels masquages.

L’expert en bâtiment peut constater qu’un désordre a été récemment masqué, par exemple un rebouchage ou un recouvrement, et apporter des éléments techniques objectifs. Ces constats, sans se prononcer sur l’intention du vendeur, qui est une question juridique, peuvent nourrir le faisceau d’indices, comme le détaille notre article sur le rôle de l’expert.

L’importance du conseil juridique

La qualification de la mauvaise foi relève du conseil juridique. C’est une appréciation de droit.

Déterminer si le vendeur était de mauvaise foi, apprécier les conséquences sur les clauses d’exclusion, et conduire le recours sont des questions juridiques complexes. Seul un conseil juridique peut les traiter. Le consulter est indispensable, l’expertise technique venant appuyer le dossier sur le terrain des faits.

L’intérêt d’un expert en bâtiment

Un expert apporte des éléments techniques sur l’état réel et les masquages. Son constat appuie le dossier.

Il documente le désordre, peut relever un masquage récent, et fournit des éléments factuels au conseil juridique. L’expert de Check my House intervient en toute indépendance, sans lien avec les parties. Découvrez notre expertise vices cachés, et nos conditions sur la page nos tarifs. Pour le volet juridique, rapprochez vous d’un conseil.

Laurent Hojan, expert en construction et bâtiment depuis huit ans et fondateur de Check my House. Cet article s’appuie sur l’expérience de terrain du cabinet et sur des sources publiques officielles, et ne constitue pas un conseil juridique.